A Bali, du rêve à la réalité


Rien ne vaut en spectacle de vacances d’été un coucher de soleil sur la mer, en nous disant que chaque matin, c’est le même soleil qui se lève sur nos jours. De la Manche, notre mer nourricière…..à l’océan Indien, plus intimidant face aux roches volcaniques que le feu de la terre a projetées sur les rivages, ce soleil est là qui vous invite à le contempler comme la première expression divine de notre cosmos.

Mais notre planète en est une autre, à une échelle humaine, que le 21è siècle met de plus en plus à la portée de nos regards et de nos vies.
Pour témoigner du sens originel du mot fraternité, j’ai répondu tout naturellement oui à l’invitation d’une Céline pour l’heureux événement de son mariage.
Notre époque veut que l’amour n’ait plus de frontières. Ainsi cette brune et grande Céline, incarnation séduisante de la métropole lilloise et du Pas de Calais, avait-elle si bien compris la mondialisation de nos vies, qu’elle n’a pas craint de faire la conquête d’un australien, et de nous proposer de fêter son mariage en Indonésie, en la rejoignant à Singapour où le jeune duo a fixé sa vie professionnelle.

Quelque soit l’attrait du Touquet et même si quinze heures d’avion sont plus difficiles à intégrer dans un déplacement que la montée des marches de l’hôtel de ville au bout de l’autoroute A16, on ne peut trouver lieu plus paradisiaque pour un mariage que l’île de Bali.
Mais l’escorte de ce mariage intercontinental a trouvé un point commun entre Seminyak, le spot touristique balinais et…. Le Touquet : c’est la vision des vagues aux reflets d’argent qu’un éclairage nocturne offre aux touristes sur toute l’étendue d’une très belle plage de sable……
Manifestement le monde asiatique a parfaitement assimilé les données de base de l’économie touristique. Et sur cette île de 5630 km2, moins peuplée que notre région, les élus de la nouvelle démocratie indonésienne ont réussi à attirer capitaux et clientèle fortunée internationale.

Mais il n’y a pas que la beauté du littoral ouvert sur l’océan Indien qui assure le succès de cette économie touristique et les milliers d’emplois qu’elle a entraînés depuis trente ans. Un esprit souffle sur cette contrée bénie des dieux. Cette courtoisie que j’évoquais la semaine dernière en découvrant ce nom donné à une villa berckoise est ici partout perceptible et omniprésente .
Les Balinais ne semblent pas seulement des amoureux de la paix. A toutes les échelles de leur existence, l’harmonie est un principe de base de la vie publique. Sans doute les rites religieux de l’hindouisme favorisent-ils cette canalisation des violences diverses quotidiennement ressenties dans notre société occidentale. Mais l’accueil du client touriste semble être plus qu’un acte de savoir-faire commercial .Il est ressenti comme l’expression d’une volonté de plaire et d’offrir ce que l’on n’ose presque plus appeler en France…. la gentillesse.
Le touriste client est désiré et n’apparaît plus comme un gêneur. Le séjour en Indonésie offre, et Bali en donne l’illustration rayonnante, un bonheur partagé.
La nature est certes là généreuse et presque sensuelle qui entoure hôtels et villas et qui nourrit les yeux et l’esprit sous un ciel où des nuages bienfaisants viennent tempérer le soleil ardent de l’équateur. Et le respect qu’on lui doit et l’entretien qu’on lui apporte ont ici l’adhésion de toute la population.

Autre grande différence : les asiatiques ne se posent pas le problème de la mondialisation, devenue la vérité première de notre siècle ; ils la vivent. L’aéroport de Singapour en témoigne. Tous les produits évocateurs de progrès économique ou technologique y sont présentés sur des km de boutiques aux vendeuses au moins trilingues. Singapour est bien plus que le Monaco d’Asie. C’est l’ONU présentant les vitrines de la société de surconsommation qui commence à poser des problèmes aux banques .
Il n’y a pas que le Tour de France qui souffre de doping, au point d’imposer des réformes radicales pour maintenir l’équilibre de santé des coureurs et celui de l’organisation de l’épreuve elle-même !
Le système capitaliste a généré une telle inflation de crédits qu’il a peu à peu entraîné une économie spéculative irréelle décrochée de l’économie réelle, aboutissant à des menaces de faillites de banques . Par ailleurs le besoin énergétique planétaire avec sa montée des prix induite, imposera des disciplines qui exigeront tôt ou tard une gouvernance mondiale. La France doit désormais se donner un esprit collectif et mondial que ne pourront incarner que seuls celles et ceux qui ont la hauteur, le détachement voulu et le sens de l’intérêt général.

Pour en revenir à notre mariage face à l’océan Indien, il y a des rêves qui peuvent devenir réalité. Mais entre les deux, il y a le dur chemin d’efforts à faire pour créer la vie, la développer, la rendre plus belle, plus douce et plus équitable envers le plus grand nombre, ce que l’on appelle le développement durable.

LD


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