De Berlin… à Roland Garros

Eté 2015. Deux rendez-vous que des millions de Français, des quatre générations, viennent de vivre, à partir de l’écran de leur télévision, c’est-à-dire des rendez-vous ouverts à tous, pour les faire partager par tous ceux qui recherchent l’attrait de grands spectacles dans leur vie !

C’était à Berlin, pour l’affrontement entre Barcelone et Turin, les deux plus grands Européens de l’année, autour du ballon rond. Et à Paris, à Roland Garros, pour la finale, au sommet du tennis mondial.

Deux rendez-vous qui suscitent l’admiration des foules, mais aussi une réflexion commune, au milieu des difficultés qui malmènent aujourd’hui, une grande majorité des citoyens, en France et au-delà.

Des citoyens qui recherchent à travers de tels spectacles, des moments d’exaltation, ou au moins d’évasion de leurs soucis quotidiens.

La première réflexion qui me vient à l’esprit, au lendemain de tels rendez-vous d’humains, c’est que, de Barcelone à Paris, c’est le sport qui gagne le match ! Et le sport qui attire, qui séduit, qui rassemble, et, globalement, qui donne le goût de vivre. Un goût de vivre qui imprègne l’être humain, qu’il soit vainqueur ou vaincu.

La preuve en est donnée à la fin du match, quand le vaincu vient embrasser le vainqueur et vice-versa. On a vécu ce geste à Berlin, comme à Roland Garros.

Ma seconde réflexion, c’est que le succès et la victoire, à tout niveau des compétitions, et plus que jamais, en ce siècle ouvert désormais à une vie mondialisée, ne peuvent être que le résultat d’années de disciplines physiques et morales, et d’immenses efforts pour mériter d’atteindre le plus haut niveau de la qualité humaine.

Pour parvenir à se maintenir plusieurs années à ce niveau, il faut une volonté et une recherche du dépassement de soi, hors du commun. Cela implique une vie quotidienne faite de discipline et de privations face à ce que la vie moderne peut offrir en jouissances de toute nature, accessibles au plus grand nombre.

Ma troisième réflexion m’oblige à souligner, étape par étape, de Barcelone, à Berlin et à Paris, pour m’en tenir à ces deux rendez-vous, la part prise par les figures qui ont été à la base de ces succès.

A Roland Garros, j’ai vécu l’engagement de mon ami Philippe Chatrier, pour atteindre le niveau d’un rendez-vous mondial du tennis, alors qu’il était à la tête de la fédération française.

A Barcelone, c’est la conjugaison de l’ambition des élus, de la ville et du club, et des talents de champion, du niveau de Messi, qui ont valu au club catalan, de se situer au plus haut sommet du football mondial.

Ce qui veut dire que la compétitivité dans la vie économique, comme dans la vie sportive, ne peut en notre 21ème siècle, assurer de victoire et de développement durable, que dans la mesure où la réussite devient le fruit d’une conjugaison d’efforts publics et privés.

Ce sont les efforts publics qui doivent permettre et stimuler les efforts privés. Ce qui veut dire que les élus des collectivités, ne peuvent entraîner la réussite de celles-ci, qu’il s’agisse de ville ou qu’il s’agisse d’entreprise, que dans la mesure où ces élus consacrent leurs énergies et leurs efforts, en direction de l’intérêt général du bien commun, et non, dans l’objectif obsessionnel de leur carrière personnelle.

La réussite personnelle ne peut être que la récompense de la réussite collective. Qu’il s’agisse d’une collectivité territoriale ou qu’il s’agisse d’une entreprise, petite, moyenne ou grande.

Les frondeurs qui s’acharnent à s’opposer aux propositions de leurs gouvernants, feraient bien d’y réfléchir aujourd’hui.

Ma quatrième réflexion, j’aime définir en quatre points, ou en quatre temps, les bases d’un succès et d’un développement durable, (exemple : les quatre saisons pour l’économie touristique), c’est que la foule, qui représente le peuple dans la diversité de son ensemble, est la meilleure preuve que la victoire peut être au milieu ou au bout du chemin de la vie.

Cette foule présente dans les grands stades, pour une finale de coupe d’Europe, ou à Roland Garros, pour la rencontre au sommet des meilleurs tennismen du monde, est le meilleur soutien possible au monde face à ceux qui doutent, ou à ceux qui renâclent devant les efforts à faire pour gagner les matchs dans le monde moderne. Le peuple dans son ensemble, quand il réunit les différentes expressions sociales et talentueuses de son dynamisme, et quand il se traduit en une foule faisant le plein, d’une place publique, comme en Ukraine, ou d’un stade, comme à Berlin ou à Roland Garros, démontre que la démocratie est le meilleur des régimes.

A condition qu’il y ait dans les têtes des peuples et de ceux qui les dirigent un même esprit de compétition et une même volonté de combat pour faire triompher la vie.

Léonce Deprez


2 Commentaires

  1. alteirac

    Toujours aussi roboratifs vos points du mercredi.
    Cordiales salutations à toute la famille.

  2. Guérin Mahieuw

    bravo pour cette étude ….. encore faut-il que le peuple suive ligoté qu’il est par ce gouvernement !….
    amicalement TH

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