Bernard Buffet, au musée du Touquet

Le musée du Touquet est né de passions que la vie a croisées, entre les années 80 et 2000.

La vie jaillit en effet de la rencontre des humains désireux de poursuivre l’œuvre de la création. C’est une idée force qui n’a pas cessé d’inspirer mes réflexions et mon action. L’éducation à la création et l’humanisation de l’œuvre divine sont le fruit d’un héritage qui se communique de siècle en siècle. Un héritage qui représente, de génération en génération, un patrimoine commun à une région, à une nation.

Nous portons en nous la responsabilité du destin de ce patrimoine commun qu’est le terroir devenu le cadre de nos vies. Quand survient l’âge adulte, nous prenons conscience que c’est un don fait à tous que la beauté et la vitalité de ce terroir, officialisé en territoire.

Le prix à payer par tous ceux qui y vivent et qui y viennent est d’assurer la pérennité de sa vie économique et sociale et de son attrait environnemental. C’est la mission de l’humanité, sur la planète qui lui été confiée, de valoriser et de vitaliser le capital commun qu’elle constitue.

Dès que je fis connaissance avec Fernand Holuigue, Secrétaire Général de la Mairie du Touquet, je fus impressionné par son attachement au troisième étage de l’Hôtel de Ville, il y avait créé un petit musée communal, à partir des dons d’artistes ayant choisi Le Touquet, comme point d’ancrage de leurs talents. Une Société Académique s’était créée pour donner aux talents rassemblés, une place d’honneur dans la vie de la station.

Dès qu’il pouvait s’extraire de son travail, à la direction des Services de la ville, je voyais Fernand Holuigue, précéder ou suivre son ami Ravin, et escalader les escaliers de l’Hôtel de Ville. Il voulait, jour après jour, avec lui, créer une esquisse de musée apportant une valeur ajoutée artistique au Touquet, dont il accompagnait la renaissance au côté de son maire, le docteur Pouget, au lendemain de la guerre 39-45.

Une station touristique, Fernand Holuigue avait compris, comme les quelques pionniers qui l’entouraient, qu’elle devait séduire par la qualité de sa vie culturelle et artistique, autant que par la diversité de sa vie sportive, et par la beauté de ses espaces verts. C’est dans le même esprit, qu’en successeur du docteur Pouget et du docteur Ferrier, je me suis attaché avec les élus qui les avaient entourés, de développer les espaces et les équipements pouvant répondre à la recherche des touristes et des habitants, de trouver au Touquet Paris-Plage, la valeur ajoutée qu’ils voulaient donner à leur vie, durant les quatre saisons de l’année.

Ce fut un beau roman que nous avons vécu en 89 et au-delà, quand l’idée me vint de proposer au Conseil municipal, d’acquérir une très belle villa intégrée dans l’avenue boisée menant au Palais de l’Europe, pour y créer un véritable musée du Touquet, digne de devenir un point de rencontres de valeur internationale.

Quand la continuité d’une politique s’exprime au service d’une station touristique, de mandats municipaux, en mandats municipaux, ce sont les générations successives qui en bénéficient. Le musée actuel le démontrant d’année en année de plus en plus, en est un témoignage.

Bernard Buffet, après bien d’autres artistes, mérite les milliers de visiteurs qui sont venus apprécier le niveau très élevé de ses talents d’artiste peintre.

Le L.I.O.N.S. international a tenu cette semaine à proposer à ses membres actifs d’aller à la rencontre de Bernard Buffet. Et c’est une exposition de haut niveau qui abrite aujourd’hui, le musée du Touquet devenu depuis bientôt 30 ans, un des rendez-vous apprécié des musées de France sur notre Côte d’Opale.

Bernard Buffet était un « écorché vif » de notre temps qui avait ressenti la vérité des tragédies qui devaient marquer notre Histoire de France et du monde actuel. Une jeune Sophie a su très bien l’expliquer à ses auditeurs.

Il peut être considéré comme un des grands artistes de notre époque contemporaine, tant il a démontré par ses œuvres, qu’à son génie de créateur artistique, il en enregistrait la gravité des dramaturgies.

Virtuose du dessin, qualité qu’il jugeait première pour un artiste de la peinture, il savait donner à l’être humain le reflet des souffrances de notre siècle.

En donnant une âme à ses peintures, il comprenait que leurs expressions réalistes survivraient à ses contemporains et il voulait que les traits de ses personnages conservent au fil des décennies, une valeur universelle.

La preuve en est que Bernard Buffet a su conquérir le Japon, plus encore qu’il ne parvint de son vivant, à conquérir ses concitoyens français. Pour qu’un musée porte son nom en Asie, il fallait en effet que son talent pérennise les silhouettes et les visages dont il a su faire des tableaux de grande valeur.

L’exposition présentée au Touquet est de celles qui évoquent, à travers l’expression de son talent, les époques dramatiques et les souffrances de notre monde.

Mais, dessinateur rigoureux, Bernard Buffet a su aussi, à travers ses œuvres, traduire le niveau de génie humain, qu’il a fallu atteindre, dans l’art architectural, à partir des hauts lieux de l’histoire du monde qu’il a découverts, au cours de ses périples d’artiste.

De Saint-Pétersbourg à Surugadaira, au Japon, où un musée porte son nom, Bernard Buffet a laissé la trace de la silhouette de la femme qui envahit sa vie ! Et il a révélé son obsession de la mort qui marqua et écourta cette vie. A travers la symphonie de ses couleurs et la rectitude des lignes issues de ses pinceaux, il méritera de demeurer dans notre histoire comme un des premiers peintres, réaliste et moderniste de votre époque.

On comprend pourquoi, en le découvrant à travers ses 800 toiles ou gravures à la pointe sèche, il n’a pu survivre en notre siècle, plus que le temps de la réalisation des œuvres portant sa signature au graphisme épuré au trait noir et nerveux.

A voir avant le 31 mai !

Léonce Deprez


2 Commentaires

  1. Guérin Mahieuw

    avec le Palais de la Méditerranée où nous faisions de grandes rétrospectives d’artistes peintres ou sculpteurs je connais assez bien l’œuvre de B Buffet qui fut un élève de Carzou (qui était un ami personnel de mes beaux parents !) sa femme le mannequin ? dont j’ai oublié le nom fut son égérie toute sa vie ils étaient très amis avec Françoise Sagan si je me souviens bien ! c’est loin tout cela !… bravo aux LIONS club d’ organiser cette exposition il ne faut pas oublier nos artistes français !… amitiés cher Léonce sans oublier LILI Marlène venez vous sur la côte d’azur bientôt ? Thérèse Guérin

  2. Bernard BUFFET doit beaucoup à Maurice GARNIER,propriétaire de la galerie du meme nom à Paris avenue Matignon,d’avoir assuré sa promotion à travers le monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *