Clarifions !


Voilà donc notre ministre de la Justice qui demande l’annulation de l’annulation du mariage d’un couple décidée par le tribunal de Lille.
Et voilà des heures de débats à la télévision et des gros titres dans la Presse sur l’application, à ce sujet, d’un article du code civil relatif aux annulations possibles de mariages.
IL s’agissait d’un cas particulier. Très particulier.
Il est vain de vouloir modifier une loi pour solutionner un cas particulier.
La loi n’est pas faite pour dicter les conduites privées. C’est la conscience personnelle qui doit éclairer le comportement de l’être humain.
Une conscience qui peut être éclairée par une foi. Une foi, qui elle même, peut être inspirée par une religion. Une religion, qui, elle même, peut être le fruit d’une éducation. Une éducation qui, elle-même peut être imprégnée de traditions.
Mais, la vérité, c’est qu’en chacun, croyant ou incroyant, il y a une conscience.

Les législateurs, encore moins les gouvernants, ne sont pas faits pour étouffer ou banaliser en chaque être humain les rouages de ce moteur essentiel de la vie que doit être l’amour.
Il y a en tout être humain une part de liberté qu’il s’agit de respecter, quelles que soient son origine, sa couleur, sa formation, son milieu social, sa religion.
C’est ce qui différencie la nature humaine de la nature animale. Et c’est ce qui assure la base de la dignité qu’il faut reconnaître en toute personne, sur tous continents.

La loi n’est pas la main qu’on donne au citoyen en guide de code de bonne conduite. Elle n’est qu’un code de la route pour tous. Et non pas la glace dans laquelle chacun de nous devons trouver la réponse à nos questions de vie personnelle. Et notamment de vie intime.
Les parents sont faits pour éclairer leurs enfants durant leur temps de formation physique, intellectuelle et morale.
Les enseignants peuvent , par l’éclairage qu’ils donnent aux adolescents, contribuer à former, puis à enrichir le jugement que ceux-ci acquièrent progressivement, depuis l’école…jus qu’à la sortie de leurs études ou de leur apprentissage d’un métier.
Mais ce n’est pas dans le code civil que jeunes et adultes peuvent trouver ce que veut dire aimer, et ce que veut dire s’aimer.

Ayant assumé personnellement, plus de 900 fois, les fonctions d’officier d’état civil en un hôtel de ville que je considérais comme la maison commune d’une grande famille que je ressentais mienne et que je ressens toujours mienne, j’ai toujours pensé que la chance que j’avais était de souhaiter a ceux dont j’officialisais l’union civile de vivre, aussitôt après ou ensuite, en l’église d’en face ou simplement entr’eux, le temps des secrets de leur union.
Tant il est vrai, comme je l’avais entendu dire un jour par François Mauriac « que l’on ne se marie
pas seulement parce que l’on aime, mais pour aimer. »
Avant de ne pas laisser dévoyer le mariage, il faut commencer par ne pas laisser dévoyer l’amour et ne pas apprécier qu’on le dévoie autour de soi.
La conclusion, c’est que c’est au-dedans de nous et non dans le code civil que l’on doit apprendre à concilier dans la vie ces deux mots – clé qui font la supériorité de l’humain sur l’animal : les mots de liberté et d’amour.

L.D


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