Courtoisie


Elle se situe au numéro 85 rue de l’Impératrice menant vers la mer, à Berck, cette villa ancienne appelée « Courtoisie ».
Aimant observer les traces de l’esprit qui a donné vie à nos communes du littoral, à partir de leur vocation à accueillir, j’ai retenu cette semaine l’appellation de cette maison du siècle passé dont l’âge, peu à peu, efface le nom sur sa façade blanche.
Oui, on pensait, à l’époque de l’Impératrice Eugénie et bien au delà encore, donner le nom d’une vertu à une villa de station balnéaire en cette ville de base historique de notre Côte d’Opale.
Penserait-on encore aujourd’hui avoir cette audace, d’esprit Douce France ?
Ce n’est pas pour réveiller en nous la nostalgie du passé que je projette ces lignes sur l’écran de mon ordinateur (mais oui, il faut avoir 20ans tous les 20ans et communiquer comme les jeunes d’aujourd’hui). C’est, au contraire, pour souligner la nécessité, pour bâtir l’avenir, de ne pas effacer des esprits et du langage courant de tels mots- clé qui sont et doivent rester à la base de notre vie en société.

Poursuivant ma marche dans la même rue de Berck, qui mériterait de s’appeler boulevard, j’ai vu avec plaisir qu’un bar bien connu avait changé de nom. Ses nouveaux gestionnaires ont pensé l’appeler « A l’amitié ».
Courtoisie : comportement exprimant une parfaite correction dans les relations humaines.
Amitié : sentiment d’affection reliant des êtres humains.
Voilà deux mots qui méritent d’être mis en lumière et de sortir du dictionnaire en des semaines d’été où les citoyens éprouvent individuellement et collectivement le besoin de vivre en des lieux méritant d’être dits de vacances.

Hormis les évasions, de plus en plus difficiles dans le désert parce que l’accès à celui-ci coûte cher de l’autre côté de la Méditerranée et parce que, en ces temps troublés par tant de violences, la solitude fait peur, les vacances tendent à renforcer les contacts de toute nature là où l’on vient rechercher le plaisir de vivre.
La vie au travail impose un cadre de bonne conduite, dicté par le respect que l’on doit à ceux et celles qui en partagent les mètres carrés et qui se soumettent nécessairement aux mêmes disciplines. Mais la vie, hors du travail, où la liberté est le premier fruit de l’arbre du temps, est malheureusement souvent dévalorisée par des comportements humains très éloignés du sens du mot courtoisie, ou par un oubli du vrai sens du mot amitié.
Les vacances , pourtant, imposent un autre partage : celui de sites que l’histoire ,la géographie ou le travail humain ont rendu attractifs , celui d’espaces de plages de sable fin, de places publiques , de trottoirs carrelés, de territoires verdoyants, offerts aux ébats des uns, aux pas ou aux regards des autres.
La vertu de la courtoisie, si elle était enseignée dès l’école et en toute famille, comme une vertu de base de la vie en société et le sens des autres, même s’i l n’est pas poussé au niveau de l’affection et de l’amitié, devraient donner une valeur ajoutée aux temps libres vécus ensemble sur ces sites et ces espaces.
Ces mots me viennent subitement à l’esprit quand je pense par exemple à la place de la poste, embellie au Touquet , mais polluée par le sans- gêne de personnes ne surveillant pas leur chien ou par des voitures stationnées là où la discipline collective réserve l’espace aux arbres et aux piétons.
Je stoppe. La discipline de deux colonnes d’édito m’empêche de donner d’autres exemples, notamment celui de voitures parquées bout à bout sur les trottoirs, sans souci des habitants, des résidents et des touristes. Je n’en dis pas plus, par souci de demeurer courtois envers ceux qui, sans s’en rendre compte souvent ou parfois volontairement, oublient ce qu’est la courtoisie.

L.D.


2 Commentaires

  1. Anonymous

    Cher Monsieur Deprez,

    Subtil déroulement de votre réflexion pour aboutir à une toute aussi subtile conclusion…

    … que l’on comprend mieux encore à la lecture de la Voix du Nord de ce jour.

    On y apprend ainsi que

    « Le bureau de l’association [ASFD]ayant été reçu par le député-maire le 11 juillet, Sylvain Gouz, président de l’association, a rendu compte de cette entrevue, en soulignant les points de consensus : le réexamen de la question des parkings – il n’est plus question de parkings en front de mer concédés à un opérateur privé »

    Après ce joli édito sur deux notions qui se perdent, il sera peut-être intéressant de réfléchir à d’autres notions qui se perdent également, ce qui peut sembler inquiétant dès lors que cela impacte la vie politique.

    Rappelons simplement que le principe de « parkings souterrains en front de mer concédés à un opérateur privé » a été maintes fois soutenu, et même défendu, par l’actuel maire, quand il était 2ème adjoint en charge des finances de la Ville.

    Bien à vous,

    Quentin.

  2. « Le paradis terrestre, où tous les gens s’aimeraient, où ils seraient COURTOIS et AIMABLE, où tout serait beau et évoluerait harmonieusement à la satisfaction du Seigneur, n’existera jamais ».

    C’est une citation de VACLAV HAVEL président de la république tchèque de 1993 à 2003.

    J’ai toujours aimé cette citation qui pose les faits . Mais VACLAV HAVEL fut un de ces rares hommes en politique qui a osé requestionner les faits et qui chercha à résoudre les problèmes. Son amour envers sa communauté fut évidente.

    « Oser réfléchir et ne pas se lisser dans la facilité » : étaient les grandes qualités nécessaires a ses yeux pour un grand politicien ! A méditer en voyant, ce qui reste du rapport de la commission BALLADUR dans la réforme de la constitution qui vient d’être votée et le comportements de certains parlementaires (des deux camps).

    Pardonnez moi, M.DEPREZ, en partant d’un mot « courtoisie », que vous évoquez pour régir les bases de notre vie en société, je retombe dans la politique. Mais n’est-ce pas le rôle de la politique d’organiser cette vie?

    Michel.

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