De l’ange blanc au maillot jaune

Sur la ligne de départ de l’Enduropale 2009, sur la plage du Touquet, c’est à eux que je pensais, dimanche. A eux, ces deux visages emblématiques, avec lesquels j’ai engagé deux passionnants combats, en duos, et entourés d’équipes d’élus et de supporters dynamiques, pour gagner au Touquet et sur la côte d’Opale, le match de la vie. Thierry, l’ange blanc, Louison, le maillot jaune.

Avec Louison Bobet, il fallut. A partir du sable, et sur le domaine public maritime, créer un Institut de thalassothérapie, puis les deux hôtels Novotel et Ibis qui le font vivre toute l’année. Un institut et deux hôtels qui, après le lycée hôtelier, ont permis d’amorcer une vie 4 saisons, avec des amis pionniers lillois, des commerçants et des hôteliers courageux.
Avec Thierry Sabine que j’avais engagé juste à la fin de ses études, j’avais voulu relever le défi de faire découvrir et aimer la plage, l’hiver. Le but, comme j’ai répondu à un jeune journaliste de La Voix du Nord, avant le départ, toujours émouvant, des mille motos sur la plage, était, pour la municipalité que j’entraînais, de vaincre le désert de l’hiver. Nous voulions aussi donner à la jeunesse, avide d’espace et de vie, de nouveaux horizons en notre Région Nord-Pas de Calais.

Année après année, nous avions le sentiment et, de plus en plus, la conviction de remporter la victoire au profit de la vie. De Roger Bambuck à Bernard Stasi, les ministres sont venus le constater. Et le Conseil général du Pas de Calais est devenu notre partenaire principal. La preuve était donnée qu’il était possible de réaliser le mariage du sport et de la nature. Et, à partir de ce mariage, d’enfanter un évènement source de vie en plein hiver.
Je le montrais dimanche au vice-président Jean-Marie Krajewski, en longeant la mer sur quatre roues de la pointe de l’estuaire à la plage de Merlimont : la Ville du Touquet, par le travail de ses équipes d’employés communaux attachés aux espaces de nature, a réussi en trente ans à sauvegarder les centaines hectares d’espaces dunaires et, en plantant au fil des ans, des centaines de milliers d’oyats, à végétaliser les grandes dunes blanches qui, avant l’Enduro, envahissaient et étouffaient chaque année un peu plus le territoire de la station sous la poussée, souvent violente, des vents d’ouest.
Pour aider les préfets successifs à donner l’autorisation de l’organisation de l’évènement, nous avons, sous le nom d’Enduropale, voulu assurer la pérennité de ce rendez-vous hivernal. Notre objectif était de continuer à répondre aux besoins de rentabilité des activités économiques du Touquet et des communes voisines. Et de cet Enduro, course d’endurance, nous avons décidé de faire une course de vitesse, mais aussi toujours d’endurance, après avoir, avec mon premier adjoint Hubert Flament, aussi passionné par les sports mécaniques que par les sports de voile, réalisé un nouveau tracé sur les vastes espaces de notre plage étendue jusqu’à Merlimont.

En vivant, de la plage, ce dimanche 22 février, ce 34ème départ, je pensais à ces lignes écrites par Henrik Gorol, en avant -propos d’un ouvrage édité par les Editions Henry, et écrit par Benoît Maison, jeune ancien concurrent, fils de Michel Maison, adjoint au maire de Camiers.
« Thierry est mort sur le sable, celui du désert. Sur le sable du Touquet, son âme demeure. Quand l’Enduro 2009 s’élancera, la part du cœur de Léonce rejoindra celle de Thierry. Grâce à eux, des anonymes connaissent leur heure de vérité sur la plage du Touquet. Plongez-vous dans ce témoignage vivant. Vous regarderez l’Enduro différemment. »
Lisez ce petit ouvrage d’un jeune sportif amateur dont l’Enduro a marqué l’existence. Il vous fera comprendre comment peut naitre en un jeune la passion de la vie.
Une passion qui anima Louison Bobet. Et qui fut aussi celle de Thierry Sabine. Deux noms attachés pour toujours à deux avenues, au Nord et au Sud du front de mer du Touquet-Paris-Plage.

L.D.


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