De mai 68 à mai 2008


Le formidable concentré de ce que les technologies nouvelles apportent à notre société, nous le devons, en une vision instantanée, à Google Earth sur nos ordinateurs.
En quelques secondes, la photo de notre planète parvient à se rétrécir puis à s’élargir jusqu’au point le plus restreint de nos vies. Impossible de dissocier ensuite, intellectuellement et moralement, nos vies locales de celles qui, à des milliards d’exemplaires, se vivent sur les autres parties du monde.
Mais ce progrès, inimaginable il y a encore vingt ans, des technologies de l’information liées aux satellites qui permettent de découvrir nos territoires, aux différentes échelles de nos communautés humaines, n’a de valeur et d’intérêt que s’il contribue à faire évoluer aussi nos mentalités.
Ainsi, à l’heure où la vie sans frontières devient une réalité évidente, nous devons plus que jamais faire preuve d’intelligence et redoubler d’audace, de courage à la veille de chaque prise de décision. Reporter , par crainte du changement ou du dérangement de petits intérêts particuliers ou de mauvaises habitudes, c’est manquer de clairvoyance et de courage et c’est compromettre l’avenir.

J’ai apprécié, dans la nuit de dimanche à lundi en conclusion d’un film documentaire télévisé sur France 3, ces mots d’Edouard Balladur évoquant » cet arbre de mai 68 dont les ramages n’ont jamais cessé de pousser… » « Mai 68 a apporté à notre pays une source de fraîcheur, » a ajouté, avec le sourire malicieux qui lui est propre, celui qui était à l’époque le conseiller social de Georges Pompidou, Premier ministre.
Comme je le disais, durant ces mêmes journées de mai 68, à Strasbourg à la tribune du congrès national des Jeunes Chambres Economiques, les jeunes dirigeants d’entreprises eux-mêmes ressentaient le besoin pour la France de se donner l’ambition d’une nouvelle société.
Chaban est venu…qui, avec une ambition de grand sportif qu’il était, voulut en faire un programme de gouvernement.
Nous avons vécu en vérité sous Pompidou des années de progrès économique et de progrès social. Même si le slogan « Pompidou, des sous « formulé en cortèges, est devenu historique.

En vérité, les Français n’ont pas su, en ce temps là et depuis ces années là, transformer l’essai de ces points gagnés, en se donnant une ambition individuelle et collective de « dépassement ».
Un dépassement en efforts de discipline budgétaire et de renforcement de leur spiritualité. Le résultat est que cette société nouvelle, différente de celle dont rêvait Chaban avec Delors, n’est devenue qu’une société de consommation.
Fort heureusement, il y eut l’euro qui força les Français à accepter de dépasser leurs considérations hexagonales quotidiennes. Mais c’est surtout au niveau du territoire de nos régions que nous avons réussi à donner plus d’ambitions communes et plus d’âme à nos existences.
Tout le problème de notre futur se traduit en une question essentielle : le but de la vie économique et de l’action politique demeurent-ils l’intérêt général ? Doit-on mettre à profit tous les progrès réels ou potentiels de notre nouveau siècle pour satisfaire toujours plus au fil des jours toutes les formes d’égoïsme et tous les intérêts particuliers ?

Se dépasser en commun, c’est réaliser les réformes qui s’imposent au niveau national, européen et mondial, mais aussi des projets qui apporteront plus de chances de vie pour les autres et pas seulement aujourd’hui, pour demain et après demain. C’est, en ce moment, cesser de s’obséder sur soi, alors que la télévision le soir nous annonce 80.000 morts en Chine et 130.000 en Birmanie.
De mai 68 à mai 2008 le chemin de la vie apporte de plus en plus de raisons de ne pas nous enfermer. C’est un chemin de plus en plus exigeant .En termes d’efforts pour être plus efficaces et solidaires.
Tant mieux…si notre vie nous demande plus pour vivre mieux aux échelles des territoires dont Google Earth donne aujourd’hui la vision aux jeunes en recherche d’avenir.

L.D.


2 Commentaires

  1. Anonymous

    Tout le problème de notre futur se traduit en une question essentielle : le but de la vie économique et de l’action politique demeurent-ils l’intérêt général ?
    Si M. FASQUELLE pouvait lire votre question, nous aimerions connaitre sa réponse. Beaucoup d’électeurs de la 4ème62 déçus, peuvent déjà y répondre.

  2. Anonymous

    Le principe et la tradition respectés en démocratie , c’est que l’Elu ,qui a été responsable durant de nombreuses années, fasse silence sur son successeur un certain temps. Cela n’empêche pas que si l’intéret général impose de sortir du silence a propos de projets qui devaient se réaliser et auxquels il n’est pas donné suite , je ne pourrai pas en conscience ne pas intervenir. L.D.

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