A Deux Jours de l’Appel aux Urnes

Jean-Marie Cavada est une de ces figures qui marquent leur temps. Il a été un des animateurs donnant intérêt aux rendez-vous des débats télévisés. Il est devenu, président du Mouvement européen. Et il est de ceux qui, aujourd’hui, méritent de conserver l’attention des Français. En vivant les drames de cette fin d’année 2015, tout naturellement, je me suis retourné vers lui.

« Le choix n’est plus politique. Il est le choix de la vie sur le monde. » a-t-il dit.

En écrivant un livre titré : « L’envie du futur », mon but était d’entraîner les générations nouvelles, à participer à la construction de ce futur. Et, à y participer avec la foi qui soulève les montagnes.

Je voulais sur les conseils de mon gendre, convaincre, que c’était un futur exaltant qui était à leur portée. Avant de nous quitter, Patrick m’avait presque pardonné de vouloir convaincre ses anciens élèves, en voulant leur offrir trop d’arguments. Et en trop de chapitres.

Il me disait : « L’avenir dépend du moral des jeunes, et c’est bien de contribuer à le leur donner. »

Un livre plus tard, conçu et écrit en duo avec Jacques Noyer, j’avais pensé que ces jeunes générations, comme leurs aînés, avaient besoin aussi, au-delà d’arguments, d’une foi pour construire ce futur. Une foi leur permettant de surmonter, les épreuves qui marquent les décennies de nos vies.

Nous avions tous deux, nos visions de la vie, mais dans une pensée commune : « Rien ne vaut la vie que la vie ! » Le succès de ce livre nous a donné le sentiment que c’est à tous les âges, que se ressent la soif d’une foi.

Chaque génération a besoin de lumière, les plus jeunes plus encore que les plus anciennes, puisqu’elles n’ont pas le privilège de l’expérience tirée du chemin parcouru.

La vérité, c’est qu’au-delà de l’attachement à une même République, comme c’est le cas en France, chacun ressent le besoin de rallumer le feu, comme l’a tant chanté Johnny Hallyday. Or ce feu parfois s’éteint. Surtout dans les capitales où le bruit comble le vide qui envahit trop souvent l’esprit de jeunes qui ne demandent qu’à mordre dans l’existence.

J’ai donc ressenti un devoir de poursuivre le dialogue avec tant de gens qui ont perdu le privilège de vivre en communauté apaisante. C’est donc à partir d’un livre de mémoires, que j’ai voulu reprendre ma plume… ou les touches de mon ordinateur. Ce n’était pas en pensant à moi, mais en pensant à tous ceux dont l’existence voisine trop souvent le vide. Et qui en souffrent d’autant plus qu’ils sont jeunes et qu’ils ont besoin de se nourrir de la pensée des autres.

Au fil des chapitres de ce livre, j’ai le sentiment qu’ils sont en vérité, les mémoires d’une époque.

J’ai tenu en effet, à insister sur la gravité de la situation en France et dans le monde. Une gravité qui ne fait que s’accentuer un peu plus chaque année, comme ces journées de novembre 2015 viennent de le démontrer.

En revers de ses bienfaits, la mondialisation offre le triste spectacle de la fourniture des armes qui se moquent des frontières. Et c’est chez nos voisins belges que de jeunes dévoyés viennent prendre abri pour mieux préparer les armes de leurs attentats.

On a trop oublié le sens profond du message de Robert Schuman, père de l’Europe. Et de la poignée de mains historiques du général De Gaulle recevant le chancelier allemand Adenauer, à Colombey-les-deux-Eglises :

Seule une véritable Union européenne peut assurer aujourd’hui l’équilibre du monde

Pourquoi ? Parce qu’elle seule peut avoir le soutien des 550 millions de citoyens que représentent aujourd’hui les peuples des vingt-huit nations la constituant.

Vingt-huit peuples voulant vivre dans un même idéal de liberté, dans un même esprit de respect de la dignité humaine, et dans une même volonté d’offrir au monde, l’image de la fraternité.

Les anciens combattants des guerres 14-18 et 39-45, avaient vécu l’enfer de guerres fratricides.

Les générations nouvelles, libérées de menaces de telles guerres, ont, elles, le privilège de voir leur bonheur de vivre ne dépendre que de leur capacité de se donner une gouvernance commune, à l’échelle de l’Europe. Elles doivent se montrer dignes de ce privilège.

Il s’agit désormais sous le signe de l’Union européenne de ne plus laisser les conflits nés des peuples du Moyen-Orient et du Proche-Orient, mobiliser les forces humaines de nos nations d’Europe. Pour y parvenir, celles-ci ont le devoir de se fédérer. Et les élus nationaux ont le devoir de le comprendre et d’aboutir à la création d’une véritable gouvernance européenne.

Cessons de parler de l’idéologie pouvant inspirer les peuples d’autres secteurs du monde. Parlons désormais de l’idéal que doit se donner notre Union européenne, et mobilisons nos jeunes autour de cet idéal. Les jeunes ont besoin de ressentir un cœur. Un cœur qui bat.

Le cœur de notre Union européenne est le même qui bat, à Paris, à Bruxelles, à Berlin, à Rome

Le devoir prioritaire aujourd’hui, au-delà des mesures sécuritaires, et pour les élus des nations de l’Union européenne de construire une véritable Union politique sans cesse reportée.

Le monde entier nous respectera et mettra fin aux attentats, quand cette Union politique européenne sera enfin construite. C’est elle qui assurera alors l’équilibre du monde.

Il est bon de le comprendre, et de le faire comprendre à deux jours des prochaines élections territoriales en France.

Léonce Deprez


Un commentaire

  1. TELLAA Kamila

    Bravo pour cette idéologie et votre vision de la vie Ce que je retiens c’est que les jeunes doivent être encadrés et que les aînés les conduisent dans le bon chemin, ne pas se retrouver seul fasse aux incertitudes de notre société de consommation
    Soyons à la hauteur de leurs attentes avant que l’irréparable se produise, l’union fait la force et j’espère sincèrement que le peuple fera le bon choix pour les prochaines élections et surtout que les personnes aillent voter
    Bien cordialement et au plaisir

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