Devoirs de Privilégiés

Le moral, c’est ce qui semble manquer à beaucoup de Français. Il faut dire que chaque jour, la tentation leur est donnée de s’inquiéter, de se poser des questions sur le futur, de se décourager.

Ce n’est pas une raison à mes yeux, de ne pas croire en notre avenir. Ce qu’il faut, c’est nous convaincre et convaincre qu’il dépend de nous.

Je porterai aujourd’hui ma réflexion sur un sujet qui, loin de s’atténuer dans l’actualité de cette année nouvelle, ne fait que renforcer ma conviction que nous manquons de courage et d’ardeur face à notre futur, et surtout au futur des générations nouvelles.

Comment, écrivais-je déjà en 2006, « donner le goût de vivre le futur » ?

Mettant à profit le temps que je ne consacrais plus à convaincre les députés et les gouvernants à l’Assemblée nationale, je m’étais attaché depuis 2008, à écrire un livre répondant à la question.

Je posais cette question, alors que les drames du siècle précédent nous poussaient à être heureux de vivre désormais dans une Europe en construction, libérée des perspectives et des réalités de guerres fratricides qui avaient assombri les esprits de nos parents et grands-parents. Mais j’écrivais en quelques lignes, une pensée qui me revient à l’esprit ces jours-ci.

« Après les drames, les violences, les épreuves qui ont marqué le début de ce nouveau siècle, une vérité semble au moins l’emporter sur les idéologies du siècle passé, et sur la survivance dans l’opinion publique de l’idée fausse que tout peut continuer comme avant. Cette vérité, je le pense plus que jamais, c’est que la vie de l’humanité se mondialise et que le protectionnisme des peuples derrière leurs frontières ne peut être la solution à adopter aux problèmes de l’évolution du monde. »

En reprenant ma plume, je me dis que les élus nationaux sont les premiers coupables de ne pas parvenir à convaincre les jeunes des perspectives qui s’offrent à eux, quelle que soit la région, au sein de laquelle ils entrent dans l’âge des responsabilités professionnelles, familiales et civiques.

Plus que jamais aujourd’hui, je veux revenir sur ce thème ; c’est que la France par elle-même, à partir de son territoire, et compte tenu de l’attrait de ses différentes régions, a la capacité d’être de plus en plus aujourd’hui le pays de l’économie touristique la plus vivante du monde.

C’est un avenir durable qui est tracé sous les yeux des jeunes générations par l’environnement exceptionnel de notre territoire national. Les Français qui travaillent le savent, qui sont parmi les plus gâtés et bénéficient du plus grand nombre de jours de congés annuels ! Leur temps de loisir et de vacances génèrent des emplois. Mais ce n’est pas suffisant ; c’est hors de nos frontières qu’il importe d’aller chercher des clients !

J’avais l’habitude d’ajouter, à la tribune de l’Assemblée, qu’il appartenait aux gouvernants et aux élus, de mobiliser les énergies et les capitaux pour que des dizaines de milliers d’emplois soient offerts aux jeunes, en mettant à profit d’abord l’attrait des territoires de cette France qui apparaissait, telle une fille aînée privilégiée d’une église chrétienne, comme l’espace le plus doué par la nature. Et qu’est donc la nature sinon d’abord l’expression de la puissance divine !

J’ajoute aujourd’hui qu’ils doivent en priorité se mobiliser pour rétablir la paix, à nouveau menacée, notamment aux frontières de l’Europe.

Certes le destin de la France apparaît aveuglant aujourd’hui. Elle est faite pour séduire les millions d’humains à la recherche d’horizon pour vivre des temps de découverte, ou des temps de repos, au milieu des tempêtes et du fracas des vies modernes que les progrès de l’humanité provoquent comme une conséquence du choc issu de la mobilité des personnes et des capitaux.

Le Tourisme est un facteur de croissance et donc de paix. C’est pour tenter de vaincre ce pouvoir d’attraction, que des forces du mal voulant s’opposer aux forces de l’esprit qu’évoquait Mitterrand, ont tenté récemment de semer la peur, dans l’esprit de ceux qui viennent rechercher sur un territoire, le bonheur ressenti au contact des beautés de la vie. Nos amis tunisiens en savent aussi quelque chose.

La France doit aussi bien sûr rester terre d’accueil de populations en difficulté, mais le Calaisis n’a pas vocation à supporter seul le poids des désordres mondiaux.

La République a su rappeler récemment chez nous qu’elle était selon son étymologie latine, une cause commune à défendre. Une cause d’intérêt public mais qui porte en chacun des citoyens, le secret qui fait leur première richesse.

Un secret qui veut dire Liberté

Mais un secret qui veut dire aussi Solidarité. Et même Fraternité. Et c’est donc aussi pour cette raison aussi que nos gouvernants doivent convaincre leurs homologues européens mais aussi au niveau mondial, qu’on ne peut laisser ces forces du mal créer des états de guerre et provoquer toutes ces migrations qui aboutissent à l’impasse calaisienne.

Léonce Deprez


Un commentaire

  1. Michèle Lombard-Delitte

    Très beau texte plein d’espoir. Merci.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *