Un emploi avant un toit !

Une exigence s’impose aujourd’hui. Tout candidat à la conduite d’une cité, sens étymologique du mot politique, doit avoir conscience que le travail est la première condition de toute vie personnelle, et de toute vie en commun. Cette pensée devrait entraîner l’adoption d’une réforme qu’il apparaît urgent aujourd’hui d’adopter, pour revitaliser notre République et rendre à la politique tout son sens.

Aucun candidat à une élection ne devrait pouvoir présenter sa candidature qu’après avoir vécu, à la fin de ses études et de sa formation, 5 années de travail et de découverte de la vie économique, au sein d’une entreprise. Avant de maîtriser le terrain de la vie, il faut avoir connaissance de ce que représentent les entreprises créatrices de la vie économique sur ce terrain. Qu’elles soient petites, moyennes ou grandes. L’éducation à la vie économique est le premier impératif à respecter au sein d’une Union Européenne destinée à contribuer à assurer l’équilibre du monde.

Le « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », enseigné jadis, comme un principe de sens religieux, doit avoir aujourd’hui un sens universel ! Dans un régime républicain, aux trois mots clé de Liberté, Égalité, Fraternité, le travail doit être reconnu, à la fois comme un devoir autant que comme un droit pour tout citoyen.

Toute démocratie, pouvoir du peuple, doit donc avoir pour objectif de tendre à ouvrir, après le temps de la formation à assurer aux jeunes, devenus adultes, une possibilité d’assumer sa qualité de citoyen, à partir d’une vie professionnelle basée sur un travail.

Un travail destiné à atteindre deux objectifs : l’épanouissement de la personnalité de chaque personne humaine, et sa participation, par un travail, à la vie de la cité, au sens le plus large, du niveau local au niveau, désormais mondial. Car toute vie, aujourd’hui, s’insère dans un contexte de solidarité humaine.

Si je m’attache à rappeler ces vérités, c’est parce que le but des élus dans une démocratie doit être de penser, jour et nuit, à cette priorité du devoir lié à leur mandat.

L’exigence du travail, pour assurer le pain quotidien de chacun, et une vie collective pour tous, aussi heureuse que possible !

J’ai ressenti, personnellement cette exigence, en mon bassin minier natal dont le sous-sol a permis, par le travail de nos mineurs de fond de contribuer à assurer à la France l’énergie permettant son dynamisme économique pendant plus d’un siècle !

Une Jeune Chambre Économique et un Comité d’Expansion Économique sont nés, et avec la participation des maires des communes minières, nous avons, avec le soutien d’un grand Homme d’Etat, il s’appelait Edgar Faure, durant plus de dix ans, mobilisé les forces vives pour implanter dans l’arrondissement de Béthune, puis de Lens, une trentaine d’entreprises industrielles permettant d’assurer le travail des milliers de fils des mineurs. Le Président actuel du Conseil Régional, Nord-Pas de Calais, Daniel Percheron, a vécu intensément ces pages de l’histoire de notre nord de la France.

Cette conversion économique du Pas-de-Calais minier, nous avions conscience avec lui, qu’elle devait se prolonger, jusqu’à la métropole nord d’une part et jusqu’à notre littoral d’autre part. Et c’est ainsi qu’avec le soutien de grands élus, comme Olivier Guichard à Paris, nous avions entrepris l’aménagement du territoire pour faire place à une vie nouvelle.

Un nouveau gisement d’emplois s’offrait à nous, jusqu’à la Côte d’Opale, à partir de la conversion industrielle de l’Artois, mais aussi à partir d’une économie touristique que la beauté des paysages permettait de générer, à condition qu’elle s’étende aux quatre saisons de la nature. Car le travail ne peut se limiter à l’une de ces saisons. La vie pour toute activité économique impose le travail sur douze mois.

L’environnement, maritime et rural, est notre premier atout pour atteindre ce but

Cet environnement est lié à une situation géographique privilégiée, au nord de la France.

Il a fallu se mobiliser pour créer sur la Côte d’Opale des équipements susceptibles de motiver des séjours liés à l’attrait de la nature, au rythme de ses saisons. Mais des équipements… susceptibles aussi de valoriser les temps libres de la vie, qu’ils soient affectés à la santé, comme la thalassothérapie, à la vie culturelle, sportive, familiale ou associative.

Cette économie touristique, créatrice de sources de vie nouvelle de travail, à partir de notre sol, est basée sur une production de séjours. Nous ne produisons plus de charbon, ni de produits chimiques qui s’en dégagent. Nous produisons des séjours à valeur économique. Et le premier trait d’union, entre la Grande-Bretagne, la Belgique et nous, c’est la Manche !

Cette œuvre de mise en valeur et en vie de notre territoire est loin d’être achevée pour que les générations nouvelles puissent y fixer leur avenir familial, à partir de l’attrait du sol de notre littoral. C’est donc à la création de source de travail liée à la production de séjours touristiques, que les élus du Pas-de-Calais doivent s’attacher. Ce que le Premier ministre appelle de ses vœux, en parlant « d’emplois, d’emplois, d’emploi ».

Ce serait donc une faute stratégique grave que d’affecter les surfaces susceptibles de générer des motivations de séjours touristiques, à des fins de constructions de logements.

L’Espace Nouveau Siècle au Touquet, sur 7 hectares et demi, le Parc Opalopolis à Etaples, ou plus au nord l’espace dédié à de l’emploi dans le Calaisis et qui fait l’objet d’un blocage par des écologistes qui ne sont pas atteints pas le problème du chômage, sont des chances exceptionnelles de disponibilités d’espaces qui doivent assurer le renforcement durable de la vie économique du littoral. Au même titre que le domaine de la Chartreuse de Neuville-sous-Montreuil.

Ce sont, avec le port de plaisance à créer dans l’ancien camping municipal de la Canche au Touquet, désaffecté depuis 1986, les chances d’avenir international du sud de la Côte d’Opale !

Notre territoire est en effet désormais la matière première précieuse qui se substitue aux sous-sols d’où les travailleurs ont extrait le charbon, à partir des gisements qui ont fait de l’arrondissement de Béthune le plus peuplé de France, au 20ème siècle.

C’est aux clients et aux investisseurs internationaux qu’il faut penser, si l’on veut vraiment demain répondre aux attentes de travail et aux espoirs de développement durable qui fixeront les familles laborieuses sur notre territoire du Nord-Pas-de-Calais et enrayeront l’hémorragie des diplômés.

Les familles ne s’attacheront au Pas-de-Calais, qu’à partir du travail qui motivera leur implantation. Et le lycée hôtelier du Touquet justifiera plus que jamais son maintien sur la première grande place de la station, comme le symbole de l’avenir qu’il convient d’offrir à la jeunesse, au nord de la France.

C’est à la création d’emplois à laquelle il faut s’attacher, avant de jouer à la facilité de création de logements. Il m’est apparu de mon devoir d’exprimer ce rappel qui est une évidence !

Léonce Deprez


3 Commentaires

  1. delahodde christian

    au touquet, on construit à tout va pour une clientèle fortunéee, qui de plus demeure 2 mois par an en résidence secondaire, ne serai t’il pas mieux de construire des établissements/entreprises qui apportent de l’emploi au touquet et donc de la population permanente? créer un port de plaisance au touquet créerai beaucoup d’emploi, ou par ex une entreprise de location de véhicule électrique, de même il n’y a pas de vétérinaire au touquet,

  2. NEBOUT

    Me voici, sur ce point, en parfait accord. Depuis des années, le Collectif Citoyen Mer et Terres d’Opale dénonce l’absence d’ambition dans la création d’Emplois, démontrant l’absurdité des constructions d’immeubles qui représente une Priorité pour les « tenant du pouvoir » au Touquet Paris Plage. Opalopolis, pour lequel nous espérions des résultats tangibles pour notre secteur géographique, se réduit comme une »peau de chagrin ».
    Même es logements dits « sociaux », seront dans l’avenir revendus en secondaire, occultant ainsi une bonne part des efforts accomplis pour l’évolution de notre secteur géographique.
    Nous sommes forts inquiets.

  3. nem biztos, hogy tudnánk róla, mert ha benn vannak az Å‘rsön vagy elÅ‘zetesben, akkor folyamatban lévÅ‘ ügyrÅ‘l senki sem beszélhet, mert a jogszabály mindenkire vonatkozik és van titoktartási kÃtlstezet¶eég is, tehát, ha az adminok vagy a zsaruk nem akarják, hogy kikerüljön ide, akkor nem fogják elmondani.

Trackbacks/Pingbacks

  1. Le Pas de Calais, Tout en Haut de la France | Léonce Deprez - […] Ce n’est pas un poisson d’avril ! Le Premier ministre vient d’avoir le courage de reconnaitre, à la télévision…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *