Le Point du 08 aout 2010

Avoir la vision et ne pas succomber au court terme ……….

Je pensais à cette vérité, l’autre soir, vers 19 heures, face au soleil couchant si apaisant, sur la plage du Touquet, après un bain de mer quotidien, si tonifiant. Et … remontaient en moi des réflexions que je vous confie, que suscite la vie des stations touristiques.

Pour faire d’une presqu’île entre Manche et Canche, entre la mer et le fleuve, une station balnéaire, nommée Le Touquet Paris -Plage, il a fallu 100 ans et plus…

Pour faire de cette station balnéaire une station touristique 4 saisons, (de référence à travers la France), il a fallu 40 ans…

Pour faire l’A16, l’autoroute menant de Paris à cette station Le Touquet Paris-Plage et au-delà, jusqu’à Calais et au tunnel sous la Manche, il a fallu 10 ans …

Pour faire de la voie ferrée Paris-Amiens-Etaples-Le Touquet- Boulogne sur mer, une ligne ferroviaire électrifiée, il aura fallu 20ans …

Pour créer sur la ligne ferroviaire électrifiée sous la Manche, une navette autonome Douvres-Calais, il faudra dix ou vingt ans de plus, a dit au terme d’un excellent exposé, le consul de France en Grande Bretagne Bernard Braine, la semaine dernière, à un rendez vous estival de propriétaires touquettois en l’hôtel Westminster .

Si je rappelle ces faits, c’est pour montrer que les grandes œuvres de vie demandent détermination et ténacité, pour se réaliser.

L’essentiel, c’est de vouloir donner une valeur ajoutée aux territoires auxquels on est attaché. C’est-à-dire de les enrichir d’une vie nouvelle et d’un supplément d’âme, de beauté, de ressources humaines, économiques et financières.

Ceux et celles qui, au fil des 4 saisons, ont vécu la progression de la station du Touquet et de la côte d’Opale, doivent veiller à ce que l’œuvre se perpétue et à ce que cette station poursuive son ascension européenne, comme pôle d’excellence de l’économie touristique au nord d e la France.

Il est, à cet égard, plus facile de défaire que de faire. De descendre que de monter .Et la vigilance s’impose pour que, en quelques années seulement, à l’esprit qui a porté les ambitions de la station et de son environnement au niveau de l’excellence, ne se substituent pas des préoccupations de profit électoraliste ou d’intérêts particuliers.

Le mandat électoral est à court terme. La valorisation d’une station et de la région qui l’entoure, est une œuvre de long terme .Il faut avoir ces vérités à l’esprit au fil des ans.

Il faut aussi comprendre que le succès croissant du Touquet a été dû à ce que ses élus ont su comprendre que la rentabilité du domaine communal qu’ils géraient et agrandissaient, ne pouvait être qu’une rentabilité indirecte. C’est l’attractivité, renforcée au fil des ans , de l’environnement , des équipements créés à partir de ce domaine public communal et à partir des évènements animant les quatre saisons, qui attire les investissements privés, les constructions de villas et d’appartements, qui doivent gagner chaque année de la valeur.

Avec les ressources croissantes, liées à l’augmentation du nombre de propriétaires fonciers et immobiliers et au développement des recettes liées à la progression qualitative de la station, la Ville du Touquet peut et doit compléter ses recettes dépendant de ses équipements , pour les ouvrir et les faire vivre toute l’année , par des participations financières annuelles en vue d’assurer l’équilibre des budgets des espaces et équipements communaux qui contribuent à faire son attrait et sa vie .

Un centre tennistique , un hippodrome , un théâtre , une plage, un palais de l’Europe , un stade , équipements de base d’une station ,pour attirer des clients et être ouverts quatre saisons , et pour faire vivre la population communale et intercommunale , doivent être soutenus financièrement par le budget communal , en conséquence de leur fonction sociale et du devoir de promotion touristique de la station. Fonctions que la ville doit assurer dans l’intérêt général en raison de sa vocation économique et sociale dans la vie du Nord-Pas de Calais et dans la vie nationale et européenne. Le but, c’est le développement du travail, des emplois et des ressources que génère la station touristique. Les stations touristiques sont ainsi en première ligne de la continuité de l’œuvre de du Créateur, au 21ème siècle.

J’ai souvent expliqué ces données de base, à travers la France, en fonction de mes responsabilités à la tête des communes touristiques et des stations classées et comme président du groupe d’études « tourisme »à l’Assemblée nationale. Car l’économie touristique doit devenir de plus en plus une source de vie et de croissance, à travers le monde, et tout particulièrement en notre beau pays. Mais il faut comprendre et faire comprendre que le succès, dans la vie, doit se mériter. Pour y aboutir, il faut que l’effort collectif, à partir de chaque communauté humaine, complète les efforts individuels. Il faut que ces efforts individuels convergent dans une dynamique de synergie, dans le sens, bien réfléchi, de l’intérêt général.

Les stations touristiques ont l’avenir qu’elles méritent par l’œuvre commune et les efforts particuliers qu’elles représentent au fil des siècles. C’est ce qui fait d’ailleurs de ces stations, de montagne, maritimes, thermales ou villes d’art et d’histoire, des taches passionnantes pour ceux et celles qui ont conscience que la vie, pour s’épanouir, ne peut être une addition d’égoïsmes.

Léonce Deprez


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