Le Point du 08 février 2012

La France a mal…. à son Industrie !

Deux chiffres suffisent pour éclairer les futurs électeurs d’avril prochain.

La France, depuis 10 ans, a perdu 500.000 emplois industriels. Et le déficit de son commerce extérieur, révélé cette semaine, atteint le consternant record de 69 milliards d’euros ! Face à ces deux chiffres, devoir de vérité !

Ce n’est pas la crise qui a provoqué cette chute. C’est la coupure, accentuée depuis trois ans, entre la France qui bosse et ses élus dont le métier est devenu de faire de la politique. Quand la politique se décroche de la vie économique quotidienne et du développement durable qu’elle doit générer, en termes de production et d’emplois, elle perd son sens. Et elle s’abaisse au niveau d’un exercice de communication, à caractère électoraliste, pour occuper les esprits, les colonnes des journaux, les émissions télévisées, dans l’obsession d’une carrière politicienne.

Cette déviation de la politique tend à faire oublier aux citoyens l’essentiel… !

L’essentiel de la politique, en démocratie, c’est, en effet, par délégation donnée par le peuple, de créer, de stimuler et d’orchestrer des sources de vie, de travail, d’emplois et donc de progrès social et d’épanouissement familial, à partir du territoire que les élus représentent durant la durée d’un mandat. Ou d’un deuxième, quand ils l’ont mérité !

Le peuple français n’a pas été suffisamment informé, au fil des ans, de la gravité de la perte de ce pilier de base de la fondation de son économie nationale qu’est le pilier industriel. On commence seulement à parler vrai. J’ai entendu mercredi 7 février à France-Inter, un analyste enfin reconnaître : « Le tissu industriel se vide de sa substance ! » C’est bien là le premier mal français !

Et il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de dire que cette dégradation croissante de notre vie industrielle, basée en nos Régions de France, sur des PME industrielles de 50 à 300 emplois, indépendantes ou sous-traitantes de grands groupes, n’a pas été l’objet de la mobilisation nationale qu’elle mérite. Mobilisation des esprits, des énergies, des volontés et des moyens financiers qu’elle aurait dû provoquer.

Les lecteurs, fidèles à cet éditorial, savent à quel point, vivant humainement, en notre Nord-Pas de Calais, de Bruay-Ruitz à Arras, ce problème de la gravité de cette absence de véritable politique industrielle, je n’ai cessé, au fil des mois, de tirer la sonnette d’alarme. Comme je l’ai souvent fait et avec une inquiétude croissante, alors que j’étais secrétaire de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale…Mais dès 2007, à la tête de l’Etat et dans les préoccupations exprimées au Parlement, les esprits étaient davantage branchés sur la prochaine « présidentielle » et les conflits qu’elle suscitait… que sur la vie de nos petites et moyennes industries….

Il a fallu attendre la nouvelle élection pour entendre annoncer, après le « D’abord Produire » de François Bayrou, et son impact médiatique réel, la décision, exprimée par les deux concurrents en tête des sondages, de la création d’une « Banque de l’ Industrie » , spécialement attachée au financement des investissements des entreprises industrielles qui ont fait des efforts méritoires en matière d’équipements nouveaux et lourds, et d’engagement de personnel..

Voilà enfin, en haut, l’expression d’une politique volontariste nationale, « l’Etat », comme l’a rappelé Jean-Louis Beffa, président d’honneur de Saint-Gobain, « se devant de donner le cap » !

C’est, bien sûr et d’abord, par des mesures fiscales tendant à moins faire peser sur le coût du travail, des charges de solidarité qui doivent être du domaine des impôts, que l’Etat permettra aux entreprises industrielles d’être plus compétitives et de mieux faire face à leurs charges salariales, environnementales et financières.

Ce qui nous amène à la conclusion que, notre Union Europénne devant désormais épouser la cause industrielle des 28 Etats la constituant , va devoir se donner une gouvernance politique aboutissant à une harmonisation des politiques économiques, sociales, environnementales, fiscales, nous permettant de remonter en haut des marches de l’économie mondiale ! Quel programme passionnant devant nous ! L.D.



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