Le Point du 11 janvier 201

Pour une Union nationale

Nous voici donc décrochés de l’Allemagne. Et nous retrouvant en 2ème division de football, pour parler un langage sportif. Notre classement, en commerce extérieur, témoignait, depuis plusieurs années, de la chute de notre production industrielle. Il nous faut le dire : la France, dont le nombre de ministres de l’Industrie a battu les records de succession à leur poste, n’a pas eu de politique industrielle digne de ce nom.

Explication : une industrie est une source de vie. Si elle est étouffée de charges qui ne sont pas en rapport avec sa vocation de production et avec ses devoirs vis à vis de celles et ceux qui constituent l’entreprise et vis-à-vis des collectivités qui assurent la qualité de son bon environnement territorial, la source de vie ne peut survivre .Car les recettes des entreprises tirées des ventes de leurs produits ou de leurs services ne peuvent couvrir des dépenses qui sont étrangères à ceux-ci. Si la marge bénéficiaire est absorbée par la couverture de charges qui ne sont pas liées à la vie de l’entreprise, la source de vie ne peut que s’éteindre à petit feu. Tout feu de bois demande d’être alimenté de bûches que représentent, en vie économique, les investissements. Ceux -ci, dans toute entreprise, ne peuvent provenir que des marges bénéficiaires.

Quand les entreprises industrielles travaillent en dessous de leur prix de revient, tant elles supportent des charges sans rapport avec leur fonction économique et quand les banques ne peuvent plus faire face pour aider les entreprises à passer le cap, la chute des emplois est inévitable. Et les dépôts de bilan suivent. Le chômage s’accentue. Et les collectivités locales voient leurs recettes baisser. Leurs investissements sont différés. Et c’est toute la chaîne de la vie économique qui se retrouve brisée. L’Etat encaisse moins de recettes fiscales…et c’est l’endettement qui s’accroît .La confiance des investisseurs en la France flanche .Les taux d’intérêt des emprunts nécessaires montent et ne sont plus supportables…et c’est l’annonce de la perte du classement de la France, en première division, dans la compétition économique mondiale, qui suit inévitablement.

Voilà donc notre Etat obligé lui-même d’emprunter, pour couvrir son déficit annuel record en 2012, à un taux beaucoup plus élevé que celui de l’Allemagne .Ce qui ne peut qu’accroître nos difficultés à réduire notre endettement national.

Il s’agit donc de comprendre que les dépenses de la protection sociale, au-delà de celles qui sont liées au temps et au lieu de travail, une protection sociale qui fait honneur à notre pays, doivent être couvertes, non pas en charges supplémentaires sur le coût du travail, mais par un impôt de solidarité nationale qui existe déjà sous le nom de C.S.G. La vie de nos entreprises industrielles impose urgemment cette réforme.

Autre explication nécessaire : à force de voir trop souvent considérer les mandats politiques comme des exercices de communication pour assurer une élection ou le renouvellement de celle –ci, la confiance de la population dans la politique chute. Ce qui est constaté en France aujourd’hui. Il en résulte le développement de l’abstention ou le refuge de mécontents ou de désabusés dans des positions extrémistes…qui n’apportent aucune solution d’avenir. Les voies d’un retour au nationalisme ne mèneraient en effet notre économie nationale qu’à des impasses très graves. Seule une Union européenne de 500 millions d’habitants se donnant une gouvernance économique et politique commune peut, en effet, dans le respect d’un idéal de civilisation commune et de la personnalité de chaque nation, assurer l’équilibre des forces et des chances d’avenir dans ce monde dont les puissances émergentes, Chine en tête, sont en train de conquérir de plus en plus de parts de marchés , en payant le travail à coups de bas salaires.

Face à ces dangers de guerre économique et de dégradation de notre vie économique, les Français sont en train de comprendre qu’il ne s’agit plus de diviser la France en deux camps, mais de rassembler les énergies et les compétences en réalisant une véritable Union nationale.

Comme on le fait dans la vie courante, pendant les temps où la vie individuelle ou collective est en danger, c’est une volonté d’union face à ce danger qu’il s’agit d’exprimer .Aujourd’hui, pour nous Français,c’est un devoir national , à partir d’un contrat de gouvernement de cinq ans, nous mobilisant pour cinq ans , qu’il s’agit d’accomplir. Plus de soixante pour cent des Français ont dit le comprendre. C’est une chance de salut public à saisir !

Email : leoncedeprez@wanadoo.fr

Site Internet : http://www.blog-leonce-deprez.fr/


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