Le Point du 28 juillet 2010

Trois personnalités
diffuseuses de soleil d’été

Bernard Giraudeau, Françoise Hardy, Patrick Sébastien…
Trois figures de notre temps que la télévision, profitant des vacances de ses producteurs, nous a fait mieux connaître en ces nuits de juillet 2010…
Le premier, parce qu’il nous a quittés, en préparant ses adieux en plusieurs émissions émouvantes de vérité…
Les deux autres, comme pour nous révéler la qualité de leur personnalité, au delà de leurs chansons et des scènes qui sont le cadre trop fermé de leur vie …
Giraudeau, le beau gosse venu de La Rochelle et de l’ile de Ré, comme pour souffler sur notre temps l’air pur des vents marins…Et pour enrichir notre vie. Et pas seulement celle d’ Annie Duperey , sa brune première épouse , mais celle de tous ses contemporains. En donnant l’illustration de la vérité Hugolienne, toujours à retenir d’un siècle à l’autre …
« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent » …Pour Giraudeau, la vie fut une lutte jusqu’au bout de son chemin, contre le cancer. Mais ce qui fut remarquable en lui , c’est qu’il le vécut , ce chemin, sans s’obséder sur lui-même, en regardant les autres et pour offrir aux autres du bonheur de vivre , à travers ses films, ses ouvrages, ses œuvres …Il savait que ses jours étaient comptés et que le cancer rongeait ses forces. Et palissait son visage, au fil des étapes de son combat. Mais il sut demeurer beau jusqu’au bout de sa vie. Merci, Bernard Giraudeau, de ce bel exemple donné à ceux qui ne pensent qu’à eux, à l’argent qu’ils peuvent cumuler ou au pouvoir qu’ils peuvent s’attribuer pour dominer les autres …
Françoise Hardy, elle, c’est l’exemple de la simplicité, d’une fraicheur toujours renouvelée à travers son physique , ses chansons, sa pensée .Ils ont pourtant au moins trois fois vingt ans , les traits de Françoise Hardy. Et ses cheveux, coiffés aujourd’hui à la garçonne, sont devenus blancs. Mais la pureté du son de sa voix semble le cadeau qu’elle offre à tous ceux qui ont aimé… toutes » les filles de son âge » auxquelles elle continue de nous faire penser …
La simplicité, c’est à cette qualité que l’on juge la personnalité des grandes dames qui ont su marquer leur temps. Françoise Hardy demeure ainsi un modèle d’actualité. Elle ne vieillit pas .Elle ressemble aux femmes qui, s’inspirant de son charme naturel, continuent de nous séduire, en nous offrant la fraîcheur du sourire de leurs vingt ans.
Patrick Sébastien, lui, en homme de scène et en bête masculine, c’est tout l’opposé de Françoise Hardy. Mais il mérite aussi notre sympathie, pour tout ce qu’il donne de lui, sans penser accaparer pour lui seul les suffrages des téléspectateurs.
C’est le tempérament d’un surdoué des scènes, aussi différent d’un homme du Nord que Fillon, l’homme de l’Ouest, l’est de Sarkozy, l’homme venu de l’Est …Mais Sébastien dévore la vie au point de vouloir vivre plusieurs vies en lui. Longtemps, il aima emprunter, au point de se confondre en eux, le visage et le talent des autres. Mais il semble désormais qu’il éprouve le désir de se faire mieux connaître. Et de se faire aimer pour tout qu’il a en lui. Au point où il en est, comme Barbara le chantait au public , à avouer : « Mon véritable amour, c’est vous ! «
En vérité, ces grands talents qui occupent les scènes et les émissions de télévision ont une vraie philosophie. Ils savent que leur popularité est éphémère .Et que la conquête du public doit se mériter. Et qu’elle demande beaucoup d’efforts et de sacrifices.
Il faudrait qu’ils inspirent davantage ceux qui veulent faire carrière, à tort, dans la politique. Et qu’ils parviennent, en tout cas, à les convaincre que l’on ne peut recevoir, dans la vie, que ce que l’on donne. Léonce Deprez


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