Le Point du mercredi 23 novembre 2011

Soyons fiers du MOX !

Il y quelques années encore, sous la présidence Mitterrand nous étions six députés préoccupés de la politique énergétique de la France, à nous rendre en délégation, à Washington, sous la conduite de André Lajoinie, président communiste de notre commission des Affaires économiques, de l’environnement et du territoire. Nous devions principalement nous attacher à convaincre nos collègues américains de s’intéresser au succès de la recherche française relative à une conquête de marchés possibles dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Cette conquête innovante, dont nous étions très fiers de présenter les avantages, portait le nom de MOX. En silence, en cheminant dans les larges avenues vertes de Washington, au côté du très bon marcheur qu’était resté André Lajoinie, député de l’Allier, je méditais sur le courage et l’honnêteté intellectuelle de ce vrai porte-parole du monde ouvrier de l’époque. Résistant, autant que lui-même, à ceux qui, déjà, ne voulaient pas voir le charbon relayé par l’exploitation de l’énergie nucléaire, j’avais la conviction que cet ancien candidat communiste à l’élection présidentielle méritait notre estime quand il s’attachait à convaincre les dirigeants du capitalisme américain de conclurea des accords avec la France, pour la production du MOX.

Ensemble, quelques semaines auparavant, nous avions visité les ateliers géants de fabrication du Mox dans l’ Hexagone, casqués et recouverts de combinaisons blanches. Les espoirs que le Mox représentait, pour retraiter les déchets nucléaires, cet André Lajoinie, aux airs rugueux de laboureur de notre terre de France, en était le porte-parole sincère, au nom de la France. Une sincérité dont j’appréciais tout autant la force morale, en notre Conseil régional Nord-Pas de Calais, sous les traits de notre élu étaplois Paul Dumont, ou en ceux d’Alain Bocquet, député -maire de Saint, Amand les Eaux. Quand ils parlaient, ils suscitaient l’estime, tant ils défendaient avec foi une cause : celle des familles ouvrières de notre pays. Il savait, André Lajoinie, tant nos ingénieurs français nous en avaient convaincu, que, pour remplacer le charbon, c’était pour un siècle l’énergie nucléaire, qui allait donner l’avantage de l’énergie la moins chère aux Industries françaises, au profit de notre économie, nationale.

De même, Paul Dumont savait, autant que Albert Denvers, le maire socialiste de Gravelines, que la centrale créée sur son territoire, en bord de Manche, allait apporter à notre littoral du Pas de Calais et à sa commune, une source de richesse et d’emplois aux perspectives pleines d’espérance . Bien sûr, la sécurité représentait -t-elle la première exigence conçue et imposée par le général de Gaulle et les élus de l’époque des premières centrales , en recherche d’énergie nouvelle, avant de l’être… de bulletins de vote ! Mais la vie est elle-même un risque à prendre, en commun, pour tous ceux qui pensent d’abord à donner des chances de vie et de travail aux autres ! Aux autres…à partir d’entreprises, de villes et de villages qui ont besoin de sources d’énergie motrice et de lumière pour vivre !

Cette sécurité, en nos centrales, sur terre et dans les airs et en toutes nos usines, c’est la préoccupation permanente de nos ingénieurs qui alourdit, très justement, les prix des produits fabriqués et des biens offerts en France pour assurer l’eau , le logement , les routes , les ponts, les scanners dans les hôpitaux et la mobilité de notre société, dans sa dimension de plus en plus mondiale. Les risques, les catastrophes naturelles nous les font connaître d’ailleurs de plus en plus , chaque année, sur tous nos continents. Et l’actualité nous le démontre, sous l’effet du réchauffement climatique.

La substitution au charbon et aux autres énergies fossiles, de l’énergie nucléaire et d’autres énergies nouvelles, à développer, comme la solaire et la maritime, est le fruit du cerveau humain. Nos ingénieurs ont inventé le Mox pour recycler les déchets des réacteurs et détruire les stocks de plutonium de la guerre froide. C’est un moyen génial, qu’ont mis au point les vrais savants pour réduire très fortement les déchets radioactifs, alors que ceux-ci sont mille fois moins volumineux que ceux du charbon et du pétrole ! En matière de production de l’énergie qui fera tourner nos usine, le bon sens veut que nous écoutions nos savants et nos ingénieurs de l’E.D.F. et d’Areva , à l’heure des choix pour l’avenir de la France.

N’oublions pas, de plus, une vérité de base ; pour que nos entreprises industrielles puissent vivre et être compétitives, elles auront besoin d’une énergie au coût très nettement le moins élevé. Les entreprises industrielles françaises supportent déjà un poids de charges sociales nettement plus lourd que les entreprises allemandes, sur le coût du travail. La solution d’avenir, si nous voulons sortir de la croissance zéro qui mène nos populations à vivre de plus en plus pauvrement, est de se décider à vouloir, face aux puissances asiatiques émergentes, donner à notre Union européenne la puissance économique que lui assurerait une politique industrielle commune.

Si la grande espérance des fondateurs de l’Union européenne d’une gouvernance fédérale européenne est enfin offerte à nos peuples de l’Union européenne, comme la voie de la victoire contre le chômage et la pauvreté, ils cesseront de donner aux places publiques l’image d’une noire inquiétude, d’esprit nationaliste et ils retrouveront le moral sans lequel, sous aucun ciel , ne peut se gagner le match de la vie !

Leoncedeprez@wanadoo.fr


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