De Marbella l’Espagnole, au Touquet la Française So British…

Je n’avais pas revu Marbella depuis trente ans. Je l’avais alors  jugée « Perle du littoral espagnol ».

Enrobée dans sa parure verte, flottant aux vents doucereux de la grande bleue méditerranéenne,  Marbella séduisait les touristes en recherche de soleil et de beauté.

La beauté d’une station, c’est d’abord celle de la nature qui l’entoure. Celle des arbres qui frissonnent entre les hôtels et les villas accueillant les touristes.

Marbella a usé et abusé de ses charmes attractifs. Elle a perdu en pouvoir de séduction…

Construire toujours plus de résidences d’appartements, c’est une tentation facile à laquelle les élus des stations classées devraient savoir résister.

Si des territoires attirent visiteurs et touristes, c’est d’abord parce qu’ils les font rêver à partir de premiers chocs visuels.

Il en était ainsi au Touquet. Une fois, franchi le pont d’Etaples, c’est la forêt qui enrobe toujours les habitats ; un vaste jardin ! Elle offre toujours ses avenues boisées aux citadins venus respirer l’air marin. Mais attention à ne pas multiplier, les ouvrages bétonnés, même si ils font… le bonheur des entreprises de travaux publics.

Ce qu’on vient chercher au Touquet, c’est d’abord la station riche de la nature qui en fait l’attrait

En termes de santé publique, Le Touquet offre une double cure : une cure de sylvothérapie et une cure de thalassothérapie. Sylva la forêt,  thalassa la mer. Il s’agit de sauvegarder l’attrait de ces deux grands atouts. L’attrait principal, c’est en effet la parure des arbres. C’est aussi la plage dans sa nudité qui fait sa beauté.

C’est cette nudité qui attire les regards et qui stimule les envies d’oser effleurer les draps d’espaces sablonneux qui s’offrent aux ébats des enfants et au bronzage des jolies filles. Une plage nue de toute région, autant qu’une femme de toute origine ne peut être violée. Les aimer c’est d’abord les respecter.

Les communes nées de groupement de familles accueillantes vivant sur un territoire littoral doivent se considérer au service des stations qui font vivre leur population.

Ce ne sont pas les électeurs qu’il faut chercher d’y attirer, ce sont les clients

Une station doit commencer à séduire par ses entrées. J’avais tenu à renforcer ce pouvoir de séduction, en offrant dès la nuit tombée, l’attrait de l’éclairage de ces arbres, pour faire rêver les femmes, tant nous savons que ce sont elles qui ont le pouvoir d’attirer autour d’elles, ceux et celles qui veulent faire de leur vie, une histoire d’amour.

Remplacer aujourd’hui les arbres, les fleurs et les pelouses des avenues par des espaces bitumés, c’est enlever à la vie la part de rêve dont elle a besoin, pour donner au séjour sur un territoire, une valeur ajoutée aux servitudes du quotidien.

Marbella donne aujourd’hui  l’exemple d’une station qui a perdu en charme, même si elle a gagné en recette, pour les sociétés venues y investir, pour faire de l’argent.

Chaque arbre abattu, chaque surface verte transformée en macadam blanc, gris ou noir ou pierres en cages, c’est autant de points perdus au détriment de la vocation touristique des espaces ouverts aux regards des visiteurs ou aux pas des promeneurs venus au-devant de la station, pour se laisser séduire.

En quittant Marbella ces jours derniers, ou en revenant au Touquet, sœurs jumelles dont les noms doivent se rejoindre dans le ciel,  au firmament des stations touristiques, je ressentais la même idée-force.

Une station touristique, c’est un territoire unissant l’œuvre humaine à l’œuvre divine. Elle a vocation à rapprocher l’attrait de la terre de celui d’un paradis.

Un paradis terrestre

Bien sûr, pour la conduire et pour la valoriser, encore faut-il vouloir et savoir élever les regards et les esprits vers ce qui donne à la vie un sens divin, à travers l’effort que les humains doivent lui donner, pour la valoriser.

La récompense des efforts humains, on la trouve dans le cœur de celles et de ceux qui y travaillent pour vivre, autant que de celles et de ceux qui y viennent pour mieux vivre.

Léonce Deprez


Un commentaire

  1. Diers André

    Une chose est certaine on ne verra pas en mer face à Marbella une ferme éolienne et ses multiples désagréments… c’est beaucoup moins sûr pour notre belle station du Touquet !!! Un de « mes amis » écrivait qu’il fallait « préserver les espaces de vie et de loisirs » !!!! Pour y parvenir, car le risque est de plus en plus pressant, il y a lieu de fortement marquer notre volonté en ce sens !!!!

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