De Marseille… au Canal Seine-Nord

En retrouvant, ces jours derniers d’octobre, Jean-Claude Gaudin en son bureau de maire de Marseille, face au célèbre vieux port, j’avais l’impression, soudain, de rajeunir d’une quarantaine d’années. De quoi, nous embrasser, comme deux coéquipiers ayant vécu des décennies de combats communs dans le même but de valoriser et de vitaliser le territoire français.

Jean-Claude est en effet, une de ces figures nationales qui incarnent le dévouement à la cause publique d’élu motivé, par une certaine idée de leurs premiers devoirs. Ce devoir, c’est d’être des créateurs de vie, donc de travail, donc de richesses nouvelles et d’emplois, à partir de leur territoire.

Celui de Marseille, depuis vingt ans, en mètres carrés de terrains à convertir, est certainement devenu, tout comme celui de Bordeaux… le territoire champion de France de la création d’équipements d’intérêt culturel et touristique.

Conscient de ce que doit devenir notre grande Région Nord-Pas-de-Calais, élargie demain à la Picardie voisine, je voulais pouvoir juger comment des élus, stimulés par une ambition européenne, pouvaient garantir un avenir aux générations nouvelles, Marseille ayant donné à cet égard un remarquable exemple.

Depuis le Mucem, véritable nouvelle cathédrale moderne de la civilisation méditerranéenne, jusqu’au Sofitel créé depuis deux ans, voisin du fort Saint Nicolas, bordurant les eaux de la grande bleue, la vue est saisissante. Une vue démontrant pourquoi la France a renforcé son attrait de 1ère nation touristique du monde.

Tout Français doit en dégager un sujet de fierté et d’espérance en l’avenir ! Car il se confirme que l’économie touristique, est désormais notre principale chance de développement économique.

Une chance que les Marseillais ont su saisir. Il s’agit de comprendre désormais que les élus doivent être jugés, en fonction de ce que leur action apporte ou sauvegarde, en sources de vie sur leurs territoires, en valeur ajoutée à notre économie nationale !

De Gaulle, en haut de la République a été le 1er à vouloir rendre confiance à la France après l’épreuve terrible des guerres. Sa personnalité a stimulé de grandes figures à la tête de nos régions, où ils laisseront les traces de leur empreinte. En partant de Marseille, un Deferre et un Jean-Claude Gaudin. En notre Nord, un Pierre Mauroy et un Daniel Percheron. Un Jacques Barrot, en sa ville historique du Puy en Velay. Un Edgar Faure, en son Jura. Un Alain Juppé qui sut remarquablement prendre le relais de Chaban à Bordeaux. Un Rossinot à Nancy. Un Pierre Méhaignerie en Bretagne. Un d’Ornano en Normandie.

En évoquant certains de ces noms qui me viennent à l’esprit, j’ai le sentiment d’avoir vécu, à leur ombre, des chapitres passionnants de notre Histoire de France !

Jean-Claude Gaudin avait un profond respect pour son prédécesseur Gaston Deferre qui sut donner à sa Ville un destin national. Il fut son digne successeur. C’est un destin international que la métropole de Marseille a désormais devant elle.

Déjà les Saint-Simoniens, dans la deuxième partie du 19ème siècle rêvaient d’un grand destin pour leur ville. Ils dotent Marseille d’infrastructures et de monuments en accord avec l’ambition d’en faire une capitale. Depuis Napoléon III, pas le moindre Jacobin ne s’était penché sur la plus ancienne ville de France, pourtant soumise au pouvoir central de Louis XIV.

Il aura donc fallu que Marseille soit sélectionnée, par l’Union européenne, capitale européenne 2013 de la culture, pour qu’elle devienne un atout international majeur de la France, dans la compétition très stimulante qui avait vu, jusqu’alors, Gênes et Barcelone devenir les grandes métropoles méditerranéennes de l’Europe du sud.

Ne pensons pas, que ce qui apparaît aujourd’hui admirable, en impact et en chances d’avenir dans le Sud, ne puisse être conçu et réalisé dans notre nord de la France.

Un seul exemple : le projet du canal Seine-Nord !

Roland Huguet, longtemps président du Conseil général du Pas de Calais, au nom des élus territoriaux, de même que mon fils Léonce Michel, au nom des élus consulaires, ont œuvré, pendant deux décennies, dans leurs fonctions respectives, pour la réalisation de ce grand projet :

Une voie d’eau qui doit devenir un atout structurant, générateur d’activités économiques nouvelles et de développements durables, au profit des départements du nord de la France.

Le concours de l’Union européenne, indispensable pour compléter les financements à obtenir des régions et de l’Etat, vient d’être garanti. Les ingénieurs et toutes les équipes de maîtres d’ouvrage et de maîtres d’œuvre attachés à cet immense chantier savourent aujourd’hui la victoire espérée.

Ce financement bouclé, après tant d’années de démarches et de pressions des autorités responsables de l’aménagement européen, le chantier va pouvoir s’engager en 2017. C’est une perspective nouvelle qui s’ouvre pour de nombreuses activités économiques de notre nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

L’assemblée générale des maires honoraires et des anciens maires du Pas-de-Calais réunis ce jeudi 15 octobre à Vitry-en-Artois, a très heureusement centré l’intérêt de son rendez-vous annuel sur la présentation de ce projet.

Un projet dont le président Jean-Pierre Guilluy a pensé, à juste titre, qu’il devait être d’avantage mis en lumière en 2015.

Il aura fallu 20 ans pour parvenir à son annonce officielle. Comme il a fallu 20 ans à Marseille pour la réalisation des équipements qui élèvent aujourd’hui la capitale méditerranéenne au plus haut niveau. Au-delà du souvenir inoubliable, c’est une prise de conscience renouvelée qui marque nos esprits… que la vie est réellement un combat.

Ce canal Seine-Nord démontrera dans 10 ans qu’entre Paris et Dunkerque, les populations du nord peuvent et doivent croire aux chances d’avenir que leur offre leur territoire.

Léonce Deprez

Des précisions sur le projet canal Seine-Nord

Suite à mon éditorial, où j’ai tenu à mettre en évidence l’intérêt général que représentera la réalisation enfin financée et décidée du canal Seine-Nord, je suis heureux d’apporter les précisions suivantes qui m’ont été transmises par Léonce Michel Deprez, Président de la Commission de l’Aménagement du Territoire de la CCI Artois :

« L’argumentaire des opposants ne tient pas.  Il s’agit précisément de relier les bassins très consommateurs comme celui de l’Ile de France aux grands ports du Nord de l’Europe.

Le canal est prévu pour transporter 15 millions de tonnes minimum, avec des Barges de 2 à 3000 tonnes nécessitant des hauteurs de ponts de 7.5m comme cela est prévu. Elles porteront principalement du vrac, céréales, matériaux de constructions, déchets, et du conteneurs pour les produits finis.

Certains opposants avaient conservé une vision archaïque du transport fluvial à dessein du reste, puisque leur lobbying constant et efficace a pour objectif de laisser le fluvial dans un rôle mineur. Sans compter le lobbying du Havre qui fait tout pour couler ce projet afin de garder le monopole de l’accès fluvial pour Paris.

L’utilité de ce projet n’est pas contestable au regard des enjeux environnementaux du transport des marchandises. Ce projet sera un puissant stimulant pour moderniser la batellerie française et la hisser au niveau des allemands, belges et hollandais.

Enfin le canal a un rôle également dans sa capacité à réguler les crues de la Seine et en réserve d’eau. »


Un commentaire

  1. Guérin Mahieuw

    BRAVO POUR CE PROJET QUI VA DONNER DU TRAVAIL A BEAUCOUP DE MONDE ET FACILITER LES ECHANGES ….. AMICALEMENT T.GUERIN

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