Polonais et Français à la pointe de la construction européenne

Kopa nous a quittés.

A l’annonce de sa disparition, j’ai ressenti à quel point j’avais vécu ma jeunesse dans une ambiance de fraternité franco-polonaise. Kopa, pour moi, incarnait la grande famille laborieuse et talentueuse de mon bassin minier du Pas-de-Calais.

J’ai vécu toute mon enfance entre visages dont le nom masculin se terminait en « ski » et le nom féminin en « ska ». La gouvernante choisie par mes parents portait le nom de Kockmanska. Son mari qu’elle avait quitté en Pologne pour venir gagner sa vie en France s’appelait Kockmanski, et son frère, attaché au grand jardin de mes parents faisant face au jardin public de Béthune, s’appelait lui André Bart. Si bien que j’étais d’autant plus attaché au nom de Raymond Kopa, que je vivais en lui, le roman d’un jeune centre-avant né en France de parents au nom de Kopaszewski.

Je n’oublierais pas ce match où je me retrouvais, à Reims, en gardien de but de l’équipe de France militaire face à Raymond Kopa, avant-centre de l’équipe de France de football. C’est une des belles heures inoubliables de ma jeunesse sportive.

A travers ce souvenir, je veux exprimer le devoir de nos élus, de maintenir des liens étroits en jumelages franco-polonais avec les élus de la Pologne d’aujourd’hui.
Il y a du sang polonais dans un grand nombre de familles du Nord. Et la silhouette de Raymond Kopa demeurera dans les têtes de la population de notre grande région des « Hauts de France ».

L’Union Européenne est devenue le formidable trait d’union qui donne à Français et Polonais la chance historique de continuer à vivre ensemble. La réélection à l’unanimité moins une voix (celle du Premier ministre polonais !) de Donals Tusk, à la tête du Conseil européen confirme ces liens et la volonté des gouvernants.

L’Union Européenne doit encourager nos élus nationaux à reprendre avec plus de détermination la construction d’une grande force démocratique européenne.

Dans ce monde qui bouge, l’Europe doit s’adapter et se donner une fonction de plus en plus motrice dans la recherche de l’équilibre des forces. Elle progressera avec ceux qui veulent progresser. Mais la Pologne doit rester de par son histoire et ses relations humaines étroites avec la France le pont entre le versant oriental et le versant occidental et donc une chance de progression de la construction démocratique de la Communauté Européenne. Sans doute plus que ses dirigeants, le peuple polonais aspire à ce but.

Léonce Deprez


6 Commentaires

  1. Hopitali

    Bonsoir Léonce,
    Cela méritait d’être dit.
    En tant que Rémois, Mon mari adorait Raymond Kopa. Que de souvenirs.
    Au plaisir de vous rencontrer
    Paulette.

  2. Douvry

    Bonsoir Léonce,

    Merci de ce témoignage sympathique et authentique. Le départ de Raymond Kopa m’a beaucoup ému. Je me doutais bien que vous aviez eu l’occasion de jouer « contre » lui.
    Fidèlement et cordialement.

    Jean-Claude Douvry

  3. chegaray sophie

    merci et bravo pour ce joli rappel de l’amitié franco-polonaise qui a commencé il y a presque mille ans , a connu son apogée avec l’épouse de Louis XV, Marie Leszczynska (qui a donné à la France ses derniers rois) et s’est poursuivie au long du XXème siècle, à une époque où l’on savait apprécier le courage des Polonais et leur respect de la France, ce qui ne les empêchait pas de demeurer fidèles à leur patrie et à leurs traditions familiales et religieuses.

  4. Haguenoer

    Cher Leonce, l’amitié entre les peuples devrait être une priorité. Il est vrai qu’au travers de l’histoire, la France et la Pologne ont fait de longs chemins ensemble et cela se traduit aujourd’hui encore par une sympathie réciproque. Dans le prochain Centre International Francophone des Lions Clubs que j’organise en juillet, il y aura une polonaise mais aussi 20 autres nationalités et, tous ensemble ils apprendront à développer un esprit de compréhension, faisant fi des religions, des couleurs de peau ou des nationalités. L’amitié franco-polonaise est le meilleur exemple de cette possibilité de vivre ensemble dans la compréhension .
    Leonce, j’ignorais que tu étais international de foot universitaire, mais tu ne dis pas combien de buts notre Raymond Kopa t’a infligé! Avec toute mon amitié

  5. guitton henri

    Merci de cet omage a Raymond Kopa dans votre page sur l’Europe.

  6. dinach' ti

    Bonsoir M. DEPREZ

    Lorsque j ai appris la mort de Raymond Kopa, j ‘ai eu une pensée pour mon Pas de Calais natal et tout le bassin minier.
    J ai pensé à mon grand-père né en 1911, et mineur de fond toute sa vie, qui a travaillé avec le père de Raymond Kopazewski, mineur lui aussi. Je me souviens encore des récits.
    Ils étaient camarades a Noeux les Mines, et c est cette camaraderie qui leur a permis de surmonter la mine. A l époque les gens étaient soudés, car il fallait unir les forces pour en revenir de ce trou.
    C est cette camaraderie et le respect de l autre quelquesoit son origine,qui s épanouissaient dans le sens collectif de l équipe de france.
    Un souvenir chaleureux donc !

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