D’abord, protéger les vies

497 personnes mortes sur la route en 16 jours en France, ai-je lu récemment dans un quotidien national. Ce chiffre, paru dans la presse, mérite de retenir la réflexion des Français, au début de cette nouvelle saison d’été et des départs en vacances en ce mois de juillet 2016.

Récemment, l’Assemblée nationale a tenu à condamner par une loi, la discrimination pour précarité sociale. Pour les morts de la rue, en cette année 2016, il est trop tard pour faire savoir les causes, mais il n’est pas trop tard pour prendre de nouvelles mesures, au nom de l’Etat, protecteur des citoyens.

Le 18 juin, un hommage collectif avait été rendu à ces citoyens disparus, à Paris, place Joachim du Bellay, face à la fontaine des Innocents. Cet hommage de l’Etat tendait à nous rappeler les vies perdues au fil des jours. Ces vies perdues se substituent en temps de paix aux vies brisées en temps de guerre.

Cet hommage doit nous rappeler que le bien le plus précieux au monde que nous devons défendre, c’est la vie !

Bien sûr, peut-on préciser que l’actualité nous occupe l’esprit suffisamment avec les vivants. Mais les 4 pages entières, parues récemment dans le journal La Croix, ont eu le mérite d’offrir à l’aube d’un été, l’image d’un monument aux morts.

Ces 497 disparus n’ont sans doute pas empêché la rue de nos communes de continuer à offrir l’image de vies actives et agitées.

Mais chaque victime d’une année vécue mérite de nous faire penser au bien irremplaçable pour chaque famille et pour la France, que représente une vie.

Une vie, dont le temps mérite d’être pensé et vécu comme un don à partager, et non chacun pour soi et chacun chez soi

La nature elle-même nous donne l’image de ce qu’elle apporte aux autres, au fil des jours et des nuits. C’est aux humains, à l’image de cette nature de donner sens à cette vie, en embellissant celle des autres.

L’enrichissement personnel n’a d’intérêt que s’il se traduit par la valorisation de la vie de celles et de ceux qui nous entourent. C’est dès l’école qu’il s’agit d’expliquer cette vérité au matin de la vie.

L’Histoire de la France au fil des siècles a vu les châteaux forts et les frontières changés de fonction. Ils n’étaient plus faits pour protéger la vie des peuples, mais ils en marquent désormais l’histoire dans la perspective d’un futur ouvert aux humains, de tout continent.

Notre communauté humaine a aujourd’hui la dimension mondiale. La France a le privilège d’en évoquer l’histoire, en rappelant que la richesse d’un peuple est de révéler à travers sites et monuments, ce qui lui a donné une âme.

L’image saisissante des collines de notre Artois, jalonnées de croix de bois évocatrices de vies arrachées aux citoyens des siècles passés, est la meilleure leçon de vie que parents et enseignants peuvent offrir à nos enfants de notre temps.

Mais attention ! Les morts s’alignent désormais sur d’autres terrains que les champs de batailles. La différence, c’est qu’il ne s’agit plus de vies données mais de vies perdues.

Les trottoirs et les chaussées de nos rues n’ont pas vocation à être des champs d’honneur, mais des miroirs de notre vie.

Il était une époque, où au moins dans nos villes, des professionnels de la sécurité en tenue de policier ou de gendarme, ordonnaient la circulation et tempéraient les ardeurs des pilotes de tout véhicule.

On a cru bon et surtout pour des raisons de réductions du coût financier, de ne plus affecter la police et la gendarmerie qu’à la maîtrise des flux de véhicules et à la sécurité des manifestations. Les drames qui se succèdent sur les routes et jusque dans nos villes, imposent à nos gouvernants de redonner la priorité à leur tâche suprême. Cette tâche qui est d’abord d’assurer l’ordre et la sécurité pour protéger les vies. Que les gouvernants redonnent donc à policiers et gendarmes leur vocation première.

Rappeler aux citoyens leur devoir de respecter la vie des autres

Il faut l’enseigner désormais dès l’école, dans les nouveaux cours d’instruction civique.

J’ai écrit cet éditorial mercredi 13 juillet… la veille du carnage de Nice

A l’heure de l’adresser à l’éditeur le 15 juillet, je ne peux qu’ajouter une larme sur celles déjà versées.

Les Français ont ressenti cette larme au bord de leurs yeux, en apprenant le drame de Nice. La promenade des Anglais ne semblait faite que pour offrir du bonheur et de la joie de vivre!

Il a fallu qu’un tueur surgisse pour mettre fin à partir d’un camion, loué quelques jours avant, dans le but de tuer l’humain. A ce jour au moins 84 humains, heureux de vivre sur cette avenue célèbre, viennent de payer le prix de la haine, un soir de fête Nationale.

Comment notre humanité peut-elle en arriver là ?

Celui qui a tué n’est plus là, mais son acte va rester de façon indélébile dans nos têtes ; il doit chaque jour de cet été, rappeler aux vivants qu’ils portent en eux la dignité d’une œuvre divine. Peut-être s’agit-il aujourd’hui, dès l’enfance, d’en réapprendre le sens ?

Léonce Deprez


2 Commentaires

  1. Guérin Mahieuw TH

    Cher Léonce, je suis une niçoise / st Pauloise  » en colère  » comme nous tous de la région ! l assassin est avant tout ce gouvernement laxiste qui au lieu de veiller à la sécurité de ses concitoyens remet la légion d’honneur à ceux qui financent ces mêmes djihadistes ! si Hollande avait tant soit peu de dignité il devrait remettre sa démission à l’exemple du général de Gaulle qui le fit pour bien moins que cela ! mais il ne connaît apparemment aucune valeur ! .. telle que tu les décrits si bien ! amicalement T.Guérin

  2. Porquet

    Mme Guerin
    C est honteux d écrire des bêtises pareilles
    On ne fait pas de débat politique primaire qu’après un tel carnage
    Un peu de respect pour les morts s il vous plait

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